Lundi soir, 18h30 : on rentre à la maison avec ma femme. Aucun de nous deux n'a envie de cuisiner.
Pas par flemme, non — c'est cette fatigue du lundi : après une journée de boulot, le cerveau ne suit plus. Je propose d'aller faire un tour à Chunxi Road, histoire de voir les lumières le soir. Ma femme n'est pas d'accord : à deux kilomètres d'ici, il y a un resto qui fait du mao kao ya, autant essayer. Elle a gagné.
Un resto sans file d'attente
On s'assoit vers 19h05. La serveuse nous installe près de la fenêtre ; dehors, de la verdure, et à l'intérieur, une lumière jaune chaud.
Un coup d'œil autour : la salle est remplie à environ 70 %, pas d'attente. Le menu est en papier, tout en chinois, pas de carte en anglais.
Le menu est en papier, entièrement en chinois, pas de carte en anglais. Ça a tout l'air d'un restaurant sichuanais local.
Le cadre
Le restaurant est en banquettes, les places près de la fenêtre sont plutôt agréables, et l'ensemble est propre et lumineux. Le jour où on y était, la salle était remplie à environ 70 %, sans queue.

Le premier plat, quinze minutes
Une quinzaine de minutes après s'être assis, le premier plat arrive — et c'est le clou du repas.
Mao kao ya au bouillon de champignons, la spécialité · 39 yuans
C'est la spécialité maison. Le mao kao ya, c'est une façon de faire de Chengdu : on coupe le canard rôti en morceaux, puis on le replonge dans un bouillon aux champignons. Ça arrive dans un grand plat creux, un bouillon rouge doré, des pousses de soja par-dessus, et le canard qui baigne dedans, gorgé du goût des champignons.

Je prends un morceau de canard : la peau a ce goût grillé un peu roussi, la chair est tendre d'avoir été pochée, la peau sent bon le gras. On trempe dans le bouillon et, d'un coup, ça vous remplit la bouche de saveurs. Pour 39 yuans, cette quantité et ce goût, ça m'a un peu étonné.

Crevettes en cocotte à l'ail · 66 yuans
C'est le plat le plus cher de la table, et le plus technique aussi. Cuites à cru en cocotte, elles arrivent encore en train de grésiller, avec une odeur d'ail à vous monter au nez. Les crevettes sont déjà décortiquées, c'est pratique, la chair est ferme et élastique — on sent qu'elles sont fraîches. En dessous, des vermicelles qui ont absorbé l'ail et le goût des crevettes. C'est le plat qui m'a le plus plu aujourd'hui.

À deux pour partager, c'est juste ce qu'il faut, et le prix me paraît acceptable.

Grand bol de pommes de terre en julienne · 19 元
Comme j'avais peur que les plats d'avant soient un peu trop relevés, j'ai ajouté une portion de pommes de terre en julienne. Elle arrive dans un grand bol bien rempli, finement émincée, croquante à souhait, avec un petit goût de ciboule — parfait pour casser le gras.

À deux, trois plats, et rien d'autre en accompagnement — le canard du mao kao ya et les pommes de terre en julienne, ça suffisait largement.
128 元 en tout
Un coup d'œil à l'addition et on sait si ça valait le coup.
Les frais de couvert, c'est pour deux personnes : 4 元. Le vrai budget, ce sont les trois plats : le mao kao ya au bouillon de champignons à 39 元, les crevettes mijotées à l'ail à 66 元, et le grand bol de pommes de terre en julienne à 19 元. Au total, 128 元 à payer, 128 元 payés.

À 19h52, j'ai payé en scannant le QR code avec Meituan. Sur l'historique de transaction, il est écrit « 蜀帛烤鸭·川菜·冒烤鸭(神仙树北店) », et le bénéficiaire, c'est 成都市蜀帛餐饮管理有限公司.
De la table (19h05) au paiement (19h52), une cinquantaine de minutes. 128 元 à deux, soit 64 元 par personne.

Un vrai repas à Chengdu, ça coûte combien ?
Si vous venez aussi à Chengdu, vous vous demandez peut-être : un dîner correct, ça ne va pas me coûter cher ?
En fait, non. Pour 128 元 à deux, on a un mao kao ya maison, un plat de crevettes mijotées à l'ail et une portion de pommes de terre en julienne pour casser le gras. C'est une adresse où vont les gens du coin, sans faire la queue, on se pose près de la fenêtre et on ressort à se tenir aux murs.
Pour moi, le charme de Chengdu, c'est la bouffe : des goûts qui parlent à tout le monde, bon et pas cher. Ici, un repas n'est jamais une charge, au contraire — après une journée crevante, tu te dis que ça valait le coup de bien manger.